Suivre un chantier

Dans les activités de construction, la coopération entre les intervenants est un élément essentiel.

L'enjeu de cette coopération est primordial d'autant que le nombre d'intervenants est souvent très important. Ce groupe d'individus, hétérogène et d'une durée de vie courte (la durée de vie du projet) doit collaborer pour la bonne marche du projet.

La communication et la coordination entre ces personnes conditionnent les délais, la maîtrise des coûts et bien sûr la qualité de la construction.

C'est ainsi que les plates-formes collaboratives s'imposent comme élément fondamental pour tout chantier.

La communication entre acteurs est bien entendu facilitée au travers de ces plates-formes mais aussi la planification, la structuration des réunions de chantier, la coordination des équipes, le contrôle de l'exécution des tâches, la gestion électronique des documents, la traçabilité, ...

L'intérêt de telles plates-formes n'est donc plus à démontrer. Des outils existent sur le marché, ayant chacun sa spécificité, souvent lié à une problématique initiale ou un partenariat. Ces solutions ne couvrent pas les nouvelles attentes en matière de collaboration, notamment expérimées par les entreprises artisanales.

Les atouts pour une collaboration efficace au sein d'un chantier sont entre autres :

  • Accéder facilement à une base documentaire unique et qualifiée,
  • Pouvoir manipuler aisément ces fichiers numériques en toute sécurité,
  • Exploiter des outils de communication adaptés,
  • Permettre une synchronisation souple des tâches et événements.

A partir de ces quelques atouts, les bénéfices qui vont en découler sont par exemple :

  • réduction du délai de transmission (par rapport à la poste),
  • sécurisation des échanges (par rapport à l'email),
  • pas de limite de taille pour un document (comme les 5 Mo des courriers électroniques),
  • recherche efficace de documents, avis, compte-rendu, ...,
  • meilleur gestion des litiges et des réserves,
  • structuration des échanges et des processes, procédures qualité harmonisées,
  • rôles et missions de chaque intervenant, statut et étapes de validation,
  • traçabilité renforcée et persistante dans le temps, garantie d'archives, documentation exhaustive et historique, mémoire du projet,
  • accélération de tous les processus d'échanges entre les partenaires,
  • plans en ligne toujours à jour (versionning pour suivre et connaître l'historique),
  • accès à l'information depuis partout, avec les autorisations adéquates,
  • possibilité d'afficher des documents en ligne à l'aide de viewers (sans forcément acquérir une licence),
  • notification à temps d'une modification de tâches, de calendrier, de plans, ...,

Ces éléments structurants sont indéniablement positifs dans le cadre de toute construction et répondent aux besoins de l'ensemble des intervenants d'un chantier.
Encore faut il qu'ils soient adoptés par l'ensemble des acteurs d'un chantier, faute de quoi, cela perd de son intérêt.
Il faut reconnaitre que les entreprises artisanales ne font pas preuve d'un engouement volontaire pour exploiter ces nouveaux outils. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce comportement : citons d'abord l'origine de ces outils, façonnés pour des industriels. Cette origine fait que ces outils ne sont pas spécialement adaptés aux spécificités de l'ensemble du secteur du bâtiment.
Ensuite ces plates-formes, pour la plupart, implique un outillage et une formation spécifique rendant leur accès non trivial.

Pour une adoption massive, ces outils se doivent donc d'être simple d'usage et à la portée de tous les professionnels, en tenant compte de l'organisation propre de chaque type d'entreprise.
Il faut donc adapter les plates-formes pour répondre aux organisations des acteurs d'un chantier et non en attendre l'inverse.
Ainsi c'est sur le terrain que cela se passe pour les entreprises artisanales et cela doit être pris en compte dès la conception de ces plates-formes, en intégrant par exemple également une communication via la téléphonie.
De même, les outils mobiles ont désormais atteint une maturité raisonnable pour une exploitation professionnelle. Ces plates-formes collaboratives doivent être en mesure de les exploiter efficacement en permettant un accès fiable à la bonne information en temps réel.

Les artisans œuvrent sur le terrain et ne supportent pas la ressaisie de données dans divers outils (comme c'est malheureusement encore trop souvent le cas). Une interopérabilité entre logiciels est donc vitale pour qu'une plate-forme soit adoptée. De même, les formats ouverts et normalisés doivent être la règle (IFC, PDF, ...).

Pour finir, le coût d'accès aux plates-formes ne doit pas être un frein à leur adoption.

L'ensemble de ces critères font qu'il est judicieux de reconcevoir une plate-forme collaborative de suivi de chantier qui va alors intégrer la logique de travail de l'artisan intervenant sur un petit chantier proche de chez lui.
A partir de cette nouvelle plate-forme adaptée, le message de sensibilisation aux bonnes pratiques collaboratives, surtout s'il émane d'une organisation proche des entreprises artisanales, trouvera naturellement une écoute attentive et intéressée, gage de réussite d'une bonne coopération.

 

 

CAPEB DGCIS CTAI